Un fantome a Paris
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De nouveau fantôme

Je me réfugie chez moi, il n’est pas 21 heures. Presque tout fut pénible. Je le connais ce jour qui est comme une visite des machines, une plongée matricielle dans le glauque, le laid, le bruyant. Comme si un malin génie avait accordé les éléments d’un récit d’habitude indolents en une mascarade grossière, vacarme. Et comme pour, environ deux mois après les plus beaux jours, il voulait, cet esprit noir, non pas me faire regretter, mais me faire désespérer de ne plus retrouver l’objet de cette lumière, me faire comprendre que tout jusqu’à ici était voulu pour le pire. Tragédie. Car mon lot est connu de moi depuis fort longtemps, en homme à la lanterne, en descendant du grec de Sinope. Le mauvais génie n’a pas besoin de faire grand chose car j’ai fabriqué mon théâtre et ma pièce. Moi qui d’un coup croit au relatif absolu incarné, au bonheur ! Qui marchait courbé.

Aujourd’hui, il me montre l’abîme, fait jouer d’effroyables accordéons, promène des créatures sinistres, montre les monstres, les créatures débiles que je ne voyais plus. Comme il connaît mes mesures, chaque pas, chaque contre-mesure, mes pensées pour échapper, pour défaire, il m’attend au sous-sol, au dernier étage, patient que je prenne ma respiration, parce qu’il sait que je sais, qu’il ne s’agit pas d’une crise d’angoisse, d’un malentendu, d’un malaise, d’une passion. Il savait que j’allais fouiller là-dessous, regarder l’état des frontières, voir la cause du trouble, chercher les bricoles, les causes et qu’au lieu de mettre le nez sur une petite fuite, j’allais trouver la fêlure.

Y avait-il une volonté de me faire accepter ce que je fuyais depuis toujours ? D’un coup, moi qui marchais sur des sables mouvants dans l’indifférence du naufrage puisque j’avais vu, enfin ! l’indéfini, l’océan. Ce jour, tout pousse à ce que j’accepte, résigné, que je me vois comme fragile parce que je veux quelque chose ! parce que je suis sûr de moi, gardien d’un trésor, sans le moindre doute, épuisé car je mettrai toutes mes forces dans la réalisation de ce nouveau destin.

Oh, vous le connaissez sans doute ce refrain, cet aveu de précarité du marcheur, lui qui va droit parce qu’il croit, et ira plutôt dans le gouffre que de faire marche arrière. Lui dont le cœur bat loin, fantôme de Paris encore une fois

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